DPE location 2026 : ce que tout propriétaire bailleur doit savoir

Depuis le 1er janvier 2025, louer un logement classé G au diagnostic de performance énergétique (DPE) est interdit. Et pourtant, des milliers de propriétaires bailleurs se retrouvent encore dans une zone grise : bail en cours, logement en attente de travaux, ou simplement méconnaissance des règles. En 2026, une modification technique du calcul du DPE vient rebattre les cartes pour près de 850 000 logements. Alors, concrètement, à quoi êtes-vous exposé ? Que faire si votre bien est classé G ou F ? Et comment anticiper les prochaines échéances ? Voici un état des lieux complet, à jour pour 2026.

Le calendrier des interdictions : où en est-on vraiment ?

La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a posé un calendrier progressif d’interdiction de location des passoires thermiques. L’idée : sortir progressivement du parc locatif les logements les plus énergivores, en contraignant les propriétaires à rénover.

En pratique, le calendrier en France métropolitaine est le suivant :

  • Depuis le 1er janvier 2023 : les logements dont la consommation d’énergie finale dépasse 450 kWh/m²/an sont déjà interdits à la location (environ 90 000 logements concernés).
  • Depuis le 1er janvier 2025 : tous les logements classés G au DPE sont interdits à la mise en location (soit environ 600 000 biens).
  • Au 1er janvier 2028 : l’interdiction s’étendra aux logements classés F (environ 1,2 million de logements).
  • Au 1er janvier 2034 : les logements classés E seront à leur tour concernés (environ 2,6 millions).

Attention toutefois : pour les départements et régions d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte), les délais sont décalés. L’interdiction pour les logements G n’y prendra effet qu’en 2028, et en 2031 pour les F.

Ce que signifie concrètement « interdit à la location »

L’interdiction s’applique aux contrats de bail signés, renouvelés ou reconduits tacitement à compter des dates indiquées. Si vous avez loué votre logement G avant le 1er janvier 2025 et que le bail est toujours en cours, vous n’êtes pas en infraction — pour l’instant. Mais dès que ce bail arrive à son terme ou est reconduit tacitement, l’interdiction s’applique.

Un logement classé G est juridiquement qualifié de logement indécent depuis la loi Climat. Or, louer un logement indécent expose le propriétaire à de sérieux risques contentieux, que nous détaillerons plus bas.

La grande nouveauté de 2026 : le recalcul du DPE

C’est un changement technique, mais ses conséquences sont très concrètes pour des centaines de milliers de propriétaires. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’énergie électrique utilisé dans le calcul du DPE a été abaissé de 2,3 à 1,9.

Pourquoi ce changement ?

L’ancienne méthode pénalisait fortement les logements chauffés à l’électricité. Un appartement équipé d’un radiateur électrique consommant une quantité donnée d’énergie se voyait attribuer une étiquette bien plus défavorable qu’un logement au gaz consommant autant en termes d’usage réel. Ce biais a été jugé injuste, notamment parce que l’électricité en France est de plus en plus décarbonée. D’où la révision du coefficient.

850 000 logements automatiquement reclassés

Le recalcul est gratuit et automatique : aucune nouvelle visite du diagnostiqueur n’est requise. Environ 850 000 logements devraient gagner une classe énergétique, dont 50 000 passant directement de G à F. C’est une bonne nouvelle pour les propriétaires concernés — mais une bonne nouvelle à relativiser : votre logement consommera autant d’énergie qu’avant, et les factures de vos locataires ne diminueront pas.

Ce que vous devez retenir : si votre DPE actuel date de 2024 ou antérieurement et que votre logement est chauffé à l’électricité, il vaut la peine de vérifier si vous bénéficiez automatiquement de ce recalcul. Renseignez-vous auprès de votre diagnostiqueur ou sur le site de l’ADEME.

[LIEN INTERNE : « déficit foncier et travaux de rénovation »]

Baux en cours : quelles obligations concrètes pour le propriétaire ?

Si votre locataire est déjà en place et que le bail a été signé avant le 1er janvier 2025, vous ne pouvez pas être contraint de mettre fin au bail immédiatement. Le contrat en cours peut se poursuivre. Mais vous devez être conscient de deux points majeurs.

Le gel des loyers : une règle peu connue mais bien réelle

Depuis la loi du 16 août 2022 sur le pouvoir d’achat, les propriétaires de logements classés F ou G ne peuvent plus augmenter le loyer, ni lors du renouvellement du bail, ni en cours de bail. L’indexation sur l’indice de référence des loyers (IRL) est suspendue pour ces biens. En clair : même si l’IRL progresse, votre loyer reste bloqué tant que votre logement n’est pas réhabilité.

Prenons un exemple chiffré. Si votre appartement classé G est loué 700 € par mois depuis 2021, et que l’IRL a progressé de 8 % depuis lors, vous avez théoriquement perdu 56 € de loyer mensuel — soit 672 € par an — que vous n’avez pas pu récupérer à cause du gel. Sur cinq ans, la perte peut être substantielle.

Les recours que le locataire peut exercer

Un locataire occupant un logement classé G peut mettre en demeure son propriétaire de réaliser des travaux de mise en conformité. Il peut ensuite saisir la commission départementale de conciliation, puis le tribunal judiciaire. Le juge peut alors ordonner des travaux, accorder une réduction de loyer (des réductions de l’ordre de 10 % ont été accordées en jurisprudence récente), voire des dommages et intérêts.

Ce que beaucoup ignorent : un DPE classé G ne suffit pas, à lui seul, à justifier une suspension du paiement du loyer. Une décision de la cour d’appel de Bourges (février 2026) l’a rappelé clairement : le DPE G « ne crée pas à lui seul un droit automatique à ne plus payer le loyer ». Le locataire doit démontrer des désordres concrets (humidité, froid excessif, etc.) pour obtenir une réduction judiciaire. Cela dit, la qualité de vie dans un logement G peut objectivement justifier ce type de recours.

Quels risques en cas de non-respect de l’interdiction ?

Si vous signez un nouveau bail ou renouvelez un contrat sur un logement classé G depuis le 1er janvier 2025, vous vous exposez à des risques sérieux. Sur le plan administratif, l’absence de DPE dans une annonce immobilière peut entraîner une amende de 1 500 € pour un particulier, portée à 3 000 € en cas de récidive. En cas de fraude ou de fausse déclaration, les sanctions peuvent aller jusqu’à 300 000 € et deux ans d’emprisonnement.

Sur le plan civil, le locataire peut demander l’annulation du bail, une réduction de loyer significative, des dommages et intérêts, ou la résiliation du contrat aux torts du bailleur. Ce sont des risques dont l’impact financier peut dépasser largement le coût d’une rénovation.

[LIEN INTERNE : « état des lieux et gestion des litiges locatifs »]

La solution : rénover avec les aides disponibles

La rénovation énergétique de votre bien locatif n’est pas seulement une obligation légale — c’est aussi une opération financièrement soutenable, notamment grâce à MaPrimeRénov’.

En 2026, le dispositif reste accessible aux propriétaires bailleurs sous condition d’engagement à louer le bien rénové comme résidence principale pendant 6 ans. Les plafonds de dépenses éligibles sont de 30 000 € HT pour un gain de 2 classes et 40 000 € HT pour un gain de 3 classes ou plus. Le taux de prise en charge varie selon vos revenus : jusqu’à 80 % pour les ménages très modestes, 60 % pour les ménages modestes, 45 % pour les revenus intermédiaires, et 10 % pour les revenus supérieurs.

Bonne nouvelle supplémentaire : jusqu’au 31 décembre 2026, les passoires thermiques classées F ou G conservent un accès au parcours par geste de MaPrimeRénov’ (isolation, chauffage, ventilation…), avant que l’obligation de passer en rénovation d’ampleur ne s’impose en 2027. C’est donc la dernière fenêtre pour financer des travaux ciblés à moindre coût.

📋 À retenir

  • Depuis le 1er janvier 2025, tout nouveau bail ou renouvellement sur un logement G est interdit en métropole. Les baux en cours peuvent se poursuivre, mais l’interdiction s’applique au renouvellement.
  • En 2026, le recalcul du DPE (coefficient électricité de 2,3 à 1,9) permet à ~850 000 logements de gagner une classe automatiquement, sans frais supplémentaire.
  • Les loyers des logements F et G sont gelés : aucune révision à l’IRL n’est possible tant que le logement n’est pas rénové.
  • Le locataire peut obtenir une réduction de loyer judiciaire si des désordres concrets sont établis — mais un DPE G ne suffit pas seul à suspendre le paiement.
  • Prochaines échéances : F interdit en 2028, E interdit en 2034. Planifiez dès maintenant vos travaux.
  • MaPrimeRénov’ est accessible aux propriétaires bailleurs jusqu’à 80 % des dépenses selon les revenus, avec engagement de location de 6 ans.

Conclusion

Le DPE est passé en quelques années d’un simple document annexe au bail à un véritable passeport de mise en location. Ignorer les règles, c’est s’exposer à des litiges coûteux et à des blocages de loyer durables. Mais c’est aussi passer à côté d’une opportunité : rénover un bien, c’est augmenter sa valeur vénale, sécuriser sa rentabilité locative sur le long terme et — une fois sorti du gel — pouvoir enfin réviser le loyer.

Avez-vous fait le point sur la classe DPE de vos biens locatifs ? Partagez votre situation en commentaire, ou consultez nos articles sur la déduction fiscale des travaux et la révision du loyer en 2026 pour aller plus loin.

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